CROA : éclipse lunaire du 27 juillet 2018

CROA : Compte-rendu d’observation astronomique.

Hier était un jour particulier pour les amateurs de cieux nocturnes, puisque c’était l’éclipse lunaire la plus longue du XXIème siècle. Comme des millions de gens, j’étais dehors afin d’observer ce phénomène si rare. Voici le récit d’une journée décidément bien longue…

13h : début des préparatifs

C’est peu après le déjeuner que j’ai commencé à préparer le matériel. Rien de bien transcendant, dans la mesure où je suis un astronome ultra-débutant. J’ai donc commencé par m’occuper de mon Newton, un Skywatcher 114-900 que j’ai eu il y a quelques années, mais que je n’ai pas eu beaucoup l’occasion de sortir. Hier était le jour idéal. J’en ai profité pour monter la motorisation, même si je savais qu’elle ne me serait pas utile pour une observation de la Lune. J’en ai profité aussi pour la moderniser un peu, en adaptant une alimentation USB en lieu et place d’une alimentation par 6 piles LR20. Bon, la préparation fut tout de même rapide.

Ce fut aussi une occasion de remettre en route le vieux reflex, un Canon 350D que j’ai eu il y a 10 ans pour la naissance de mon grand, vêtu de son plus beau 70-300 Tamron.

Mais mon esprit était surtout préoccupé par la météo, car le ciel breton se montrait menaçant. Et j’avais raison de m’inquiéter…

18h : la pluie s’invite

Mes yeux oscillaient entre le site de météo-France et la fenêtre. Vers 18 heures, crac, c’est parti pour une méga-averse, accompagnée d’un ciel très sombre. La suite de la journée semble bien compromise. Un petit tour sur Weather Underground me rassure quelque peu, la pluie est censée s’arrêter vers 20 heures.

Jusque-là, le temps semble bien long. En tout cas, la pluie ne semble pas décidée à céder du terrain. Le côté positif, car il en faut un, est que ça rafraîchit drôlement l’atmosphère. Mais on verra plus tard qu’elle posera d’autres problèmes. Quoi qu’il en soit, en effet, sur les coups de 20 heures, l’espoir renaît, une bande de ciel bleu réapparaît à l’ouest, avec le petit rayon de soleil qui va bien.

20h : fin des préparatifs

Appareil photo chargé, en place, tout comme le Newton et la lunette Skywatcher 70-700 de mon fils, je suis fin prêt à accueillir cette éclipse. Hélas, une bande nuageuse reste accrochée à l’est, précisément là où la Lune est censée faire son apparition deux heures plus tard. Et, malheureusement, elle sera encore là au moment fatidique…

Bref, nuages ou pas, le matériel est prêt à l’emploi. Ou pas.

22h30 : apparition de la Lune

C’est vers 22h30 que ma fille me signale que l’astre sélène est visible au-dessus des nuages. Vu son aspect, on a raté une petite partie. La Lune arbore déjà une robe rougeoyante, visible malgré sa pâleur dans le bleu du couchant. Nous sommes immédiatement tentés de regarder dans l’oculaire, et là, pourtant partie, la pluie continue de nous gâcher le plaisir : entre les chaleurs passées et la grosse averse de l’après-midi, une grosse condensation se forme à la surface de tout ce qui se trouve au contact de l’air ambiant. Bien entendu, cela inclut les lentilles, les optiques, bref, l’observation dans les instruments, ainsi que la photo, ne seront pas évidents. Pas grave, je mitraille quand même, mais je ne perds pas une miette du spectacle à l’oeil nu.

Mars, bien visible en bas.

À mesure que la nuit tombe, la Lune rougeoie un peu plus. Un peu plus bas, Mars semble vouloir lui faire concurrence, mais ce soir, il n’y en aura que pour notre satellite. Vers 23h30, un fin croissant blanc fait son apparition sur le côté, progressant lentement, tout en laissant une teinte rosée sur le reste de la surface, c’est tout bonnement magnifique. J’avais hâte de voir la « Lune de sang », mais l’émergence du cône d’ombre a été encore plus saisissante. Un spectacle inoubliable. Je tente quelques dernières photos avec le 50mm, mais un défaut de mise au point ruine tout. Et puis, tout le matériel est trempé de condensation, il va falloir rentrer l’appareil photo avant qu’il ne succombe à l’humidité.

Il est minuit, la moitié de la Lune brille de tout son éclat, et on y voit déjà presque comme en plein jour (bon, j’exagère un tout petit peu). Je jette un dernier coup d’oeil et me décide à rentrer le matériel. De toute façon, vu la lumière émise par la Lune, toute observation à l’instrument est exclue. Mais ce n’est pas grave, cette soirée m’aura donné envie de me remettre un peu à l’observation, et je m’essaierai un peu plus à la photo astronomique lorsque le ciel sera un peu plus sombre, d’ici deux semaines…

De toute façon, je ne suis pas près d’oublier cette soirée, et ce spectacle unique. J’espère que vous en avez bien profité également.

Crédits photo

Photos personnelles prises à l’occasion de cet événement.