Qu’est-ce qu’une lithophanie ? Comment en réaliser une ?

La lumière peut générer des images de bien des façons. On pensera tout de suite à la photographie, bien entendu, ou encore à la projection. Le procédé d’imagerie que nous allons voir ici fait aussi, bien sûr, appel à la lumière, et s’apparente beaucoup à la projection, il s’agit de la lithophanie.

Nous allons voir comment fonctionne ce procédé, comment il était pratiqué par le passé, et comment il peut l’être aujourd’hui.

La lithophanie, qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit d’un procédé de révélation d’une image lorsque celle-ci se trouve rétro-éclairée. La lithophanie consiste en une plaque de matière, translucide, dont les variations d’épaisseur laissent passer plus ou moins de lumière. Les zones épaisses laissent passer moins de lumière que les zones fines. Il en résulte, lorsque l’on place une source lumineuse à l’arrière d’une lithophanie, des zones sombres et des zones claires, exploitables pour constituer une image en niveaux de gris, dans le cas d’utilisation d’un matériau blanc.

Par Elke Wetzig (Elya) — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, Lien
By Elke Wetzig (Elya) – Own work, CC BY-SA 3.0, Link

Le brevet fut déposé en 1827 par le baron Paul de Bourgoing.

Naissance d’une lithophanie

N’importe quelle matière translucide, que l’on peut aisément travailler, peut devenir une lithophanie. Aux XIXème et XXème siècles, la technique la plus utilisée était une plaque de verre recouverte de cire, finement ciselée. L’utilisation d’une plaque de porcelaine était également possible, et bien plus difficile à travailler. Les lithophanies de l’époque étaient sans discussion possible de véritables prouesses, car en plus de maîtriser le dessin, il fallait maîtriser les outils de sculpture et la lumière.

Concevoir une lithographie aujourd’hui

Si les techniques d’autrefois sont toujours utilisées, elles ne peuvent pas l’être par n’importe qui, un certain savoir-faire étant indispensable. Mais si ces techniques d’antan, qui passaient par l’enlèvement de la matière, sont difficiles d’accès, les techniques d’aujourd’hui, par ajout de matière, sont bien plus accessibles, et ne demandent pas de compétences particulières.

Cela passera bien entendu par une imprimante 3D. À la base, les imprimantes 3D servent à imprimer des modèles 3D, cela va de soi. Et si on regarde bien, une lithophanie est bien un objet en 3 dimensions, même si elle représente une image 2D. Elle possède en effet une largeur, une hauteur, et un épaisseur, variable qui plus est. Il est donc tout à fait envisageable d’utiliser une imprimante 3D dans ce but.

Photo personnelle

Méthodologie

Le mode opératoire est très simple. Les logiciels de tranchage, utilisés pour créer le GCODE à destination de l’imprimante, savent interpréter, en plus des formats 3D habituels, les formats 2D traditionnels, JPEG en tête.

Image Pexels

On pourra donc envoyer une image 2D à notre logiciel de tranchage, qui interprétera les zones sombres comme des zones épaisses, et les zones claires comme des zones fines. On pourra régler l’épaisseur globale de la lithophanie pour jouer sur son contraste global. On ajustera ensuite les réglages habituels d’impression, en utilisant au mieux la hauteur de couche minimum, afin d’éviter au maximum les aplats, et ainsi augmenter le nombre de nuances de gris (toujours dans le cas de l’utilisation d’un matériau blanc).

On générera enfin le GCODE, que l’on enverra ensuite à l’imprimante. Un bon réglage du niveau du lit est indispensable, la première couche devra être vraiment impeccable. Il faudra veiller également à ce qu’il soit d’une propreté absolue, la moindre poussière prise dans le modèle se révélera très facilement à la lumière.

Photo personnelle

Bien entendu, on n’obtiendra pas le même niveau de précision qu’une lithophanie sur cire ou sur porcelaine, les imprimantes grand public actuelles descendant au mieux à une précision de 5 microns. Mais 10 microns est une précision plus courante. Cependant, les plus habiles pourront toujours compléter le processus avec des retouches au scalpel, le PLA se travaille relativement bien pour ce qui est de la finition.

Sources

https://fr.wikipedia.org/wiki/Lithophanie

Expériences et travaux personnels.