Remix OS : une semaine avec Android pour PC

La semaine dernière, je vous présentais Remix OS, un système d’exploitation qui permet d’adapter Android au monde PC, avec un mode fenêtré et le support complet du couple clavier/souris, entre autres. J’ai donc utilisé ce système durant une semaine, me confrontant à ses qualités et ses défauts. Que peut-on en dire à ce jour ?

Remix OS

Remix OS, c’est une ALPHA !

Avant de me lancer à écrire ce billet, j’ai bien évidemment pris le temps de tester l’OS. Mais j’ai également beaucoup lu les avis des confrères. Et j’ai été très surpris de voir que, bien qu’ils mentionnaient que c’était une version Alpha, beaucoup reprochaient à Remix OS ses défauts de jeunesse.

Commençons par rappeler ce qu’est une version Alpha : c’est une version en cours de développement, pour ne pas dire au tout début. Elle se situe même avant la Beta, et n’a pour vocation que de tester les possibilités offertes par le soft et, idéalement, de remonter les bugs et les suggestions aux développeurs. C’est une version qui peut donc avoir de nombreux dysfonctionnements, et on ne pourra lui en tenir rigueur, on est encore loin de pouvoir l’utiliser en production.

Alors oui, bien sûr, Remix OS a de nombreux bugs, et des tas d’améliorations peuvent encore lui être apportées. Faisons un petit tour du proprio…

Présentation de Remix OS

Sur le papier, Remix OS se revendique donc comme Android adapté au monde PC. Entendons par là une expérience non déroutante pour les utilisateurs de Mac et de Windows. Je ne sais pas si vous avez déjà utilisé Android sur PC, mais le moins que l’on puisse dire, c’est que son usage n’est pas du tout adapté à un grand écran, au clavier et surtout à la souris.

Remix OS vise à corriger ces défauts : support complet du clavier et de la souris, un vrai multi-fenêtres comme sur Windows, OSX ou les distros Linux, les raccourcis claviers ont été implémentés, etc. On retrouve aussi de nombreuses similitudes avec Windows 10 :

  • un bouton démarrer
  • une barre des tâches sur laquelle on peut épingler les applis
  • un volet de notifications latéral
  • la fonction aero-snap, qui permet de coller les fenêtres aux bords de l’écran
  • même le panneau de configuration ressemble à s’y méprendre au nouvel écran de paramètres de W10.

On va retrouver d’autres éléments des OS dits classiques : le bureau, la corbeille, les dossiers, les raccourcis, l’explorateurs de fichiers…

Bref, au premier abord, c’est vraiment pas mal, c’est soigné, ça a de la gueule et ça ressemble vraiment à un OS desktop. Pour moi, le premier objectif est largement atteint.

Ce qui fonctionne, ou mal, ou pas…

Du côté de l’installation, il y a du bon, et du moins bon. Le fait de booter sur une clé USB et de garder l’OS et les données captifs est un bon moyen de s’assurer que les données présentes sur le disque dur ne seront pas touchées. Cependant, de nombreux utilisateurs souhaitent pouvoir l’installer de manière durable, ce qui permettrait un boot plus rapide, ainsi qu’une plus grande capacité de stockage. En effet, la clé USB devant être formatée en FAT32, la taille maximale du fichier data.img est limitée à 4 Go. On trouve sur le groupe Google de Remix OS des contournements, mais cela reste du bricolage, nul doute qu’une solution officielle fera bientôt son apparition.

Ensuite, si l’OS est annoncé compatible avec la plupart des PC, cela n’est, en pratique, pas tout-à-fait vrai. En effet, les machines tournant sur carte graphique NVidia ne booteront pas Remix OS. On aura cependant la possibilité de le faire tourner en ignorant le pilote graphique, mais on sera limité à une résolution de 1024×768, c’est vraiment moche à voir. Ensuite, les machines 32 bit ne sont pour le moment pas concernées par Remix OS. Et bien qu’il existe une version « BIOS classique » et une version « UEFI » de la clé USB, les machines tournant sur un UEFI 32 bit sont, une nouvelle fois exclues. Là aussi, il existe des contournements, mais pour ma part je préfère attendre une solution officielle, après tout, on n’est pas pressés !

Une fois démarré, les fonctionnalités de base de l’OS fonctionnent à merveille : l’utilisation de la souris, du clavier, l’explorateur de fichiers, les raccourcis claviers, le support du wi-fi, de l’Ethernet, le son, la manipulation du bureau et des fichiers, tout cela est fonctionnel et de fort belle manière. En soi, c’est déjà, à mon sens, un exploit que d’avoir réussi à faire faire cela à Android.

On s’apercevra rapidement de l’absence du Play Store. En effet, celui-ci n’est pas inclus dans cette Alpha. Pour autant, nos amis de XDA ont trouvé une petite parade pour l’installer, et qui fonctionne pas trop mal. Dans tous les cas, vous pourrez utiliser le Play Store pour installer une très grande partie des apps. Pour ma part, ImperiHome (y compris la Pro), Hue, Spotify, Chrome (je m’y suis quand même repris à 2 fois pour l’installer), Facebook, Dropbox pour ne citer qu’elles, fonctionnent sans souci. J’écris d’ailleurs cet article depuis Chrome sous Remix OS.

Mais cela ne reste pour le moment qu’un bricolage, et rien ne dit qu’une mise à jour des services Google ne viendra pas tout mettre par terre.

Du côté des vidéos, j’ai lu ici et là que peu de vidéos passaient. Pour ma part, j’ai installé BS Player, et je lis quasiment tout. En revanche, aucune chance pour moi de faire fonctionner Google Photos…

Attention aussi à la mise en veille. Je n’ai pas trouvé comment la désactiver totalement, mais une fois en veille, le réveil est difficile, et vous forcera souvent à un reboot. Youtube, également, se limite pour le moment à du 360p, quand bien même vous seriez sur un grand écran avec une super bande-passante. Dommage, certes, mais rien ne vous empêche de passer par la version web qui passe sans problème.

En conclusion

Pour une version Alpha, on a déjà quelque chose de vraiment abouti. Je suis heureux de pouvoir enfin utiliser mes applis domotiques sur un OS de bureau, même si celui-ci a encore pas mal de défauts de jeunesse. Mais rappelons une nouvelle fois que Remis OS en est au tout début de son développement. Attendons donc les évolutions, et je suis sûr que, bientôt, Remix OS fera réellement décoller l’usage d’Android sur PC, ne se limitant plus aux seuls bidouilleurs !