Test de l’imprimante 3D Anet A4

L’imprimante 3D Anet A8 est un excellent point d’entrée dans la discipline grâce à son prix attractif. Mais il existe d’autres types d’imprimante 3D. En effet, si la A8 est de type cartésienne, la A4 que j’ai reçue il y a peu est de type delta. Et elle est à environ 180€. Perso, je lui prédis le même avenir que la A8, véritable superstar de l’impression 3D à ce jour.

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Le carton

Les imprimantes Anet sont souvent livrées en kit. La A8 est livrée totalement démontée, à monter pièce par pièce, la E10 en à peine 3 éléments, la A4 est entre les deux : la partie électronique est pré-mâchée, une chose de moins à faire. On retrouve donc dans le carton  la base pré-câblée, le moteur d’extrudeur, les montants, le support de bobine, les courroies, la buse en plusieurs morceaux et bien entendu le plateau chauffant. Au final, cette imprimante permet une impression de 20x20x21 cm maximum.

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On retrouvera, côté accessoires, un adaptateur USB et sa micro-SD contenant les instructions de montage et les fichiers de test, ainsi que les softs de tranchage Repetier et Cura, un double-décimètre, une pince coupante, une clé (ultra) plate, des clés Allen et un échantillon de PLA. Au passage, messieurs-dames de chez Anet, vous êtes ultra-radins, d’autres constructeurs fournissent un rouleau complet avec leurs imprimantes ! Allez, on attaque le montage !

Le montage

Le montage est nettement plus rapide que pour la A8. Et pour cause, toute la base, incluant la partie électronique est déjà câblée et assemblée. Ce qui fait effectivement gagner un max de temps. Ou presque.  Car si le montage est rapide (comptez environ 2 heures), il manque tout de même quelques informations. En effet, le montage terminé, vient le moment de la mise en route, et du traditionnel « Home », au cours duquel les différents éléments doivent prendre leur place initiale. Et quand on voit qu’une fois les éléments en place, le tout continue de faire un boucan d’enfer (coucou Renaud), on se dit qu’il y a un problème. Alors on se fait un petit flashback…

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Oui, c’est le bordel !

Lors du montage, arrive le moment où l’on doit câbler les capteurs de fin de course. Et si chaque connecteur est labellisé (X, Y et Z), on s’aperçoit qu’on ne retrouve de trace de ces axes nulle part. On se retrouve donc à câbler les capteurs au petit bonheur la chance (on sait jamais, sur un malentendu, ça peut marcher…).

Résultat des courses, on se retrouve à ouvrir la base et repérer l’emplacement de chaque moteur, afin de câbler le capteur correspondant correctement. Donc perte de temps, énervement, envie de tout balancer par la fenêtre… je m’égare, cela m’a fait perdre un petit quart d’heure. Je vous facilite la tâche, à gauche de l’afficheur, vous avez l’axe X, à droite l’axe Y et au fond l’axe Z.

Le montage terminé (dans le bon sens cette fois), on passe aux choses sérieuses.

J’avais oui dire que l’enchanteur était sénile !

Tout comme j’avais souvent lu que les imprimantes delta étaient galères à régler ! En effet, une mise à niveau du plateau ne suffit pas. Enfin, pas si on veut exploiter la surface du plateau. Car si vous laissez le firmware d’origine sans modification, rien que pour le réglage du plateau, vous vous arracherez les cheveux, pensant que votre plateau est convexe ou concave. Ce que j’ai cru. Alors j’ai rajouté une plaque de verre. Et toujours cette même sensation : la buse qui décolle du plateau lors d’un déplacement sur X ou Y. Hey, mais elle est plane, ma plaque !!!

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C’est juste qu’en fait, en plus du réglage du plateau, il faut reporter certaines mesures de géométrie dans le firmware, afin que la première couche ne soit pas « parabolique », dans un sens ou dans l’autre. J’y reviendrai dans un prochain article plus détaillé. Toujours est-il que si vous vous contentez, dans un premier temps, de petites impressions au centre du plateau, cela ne posera pas de trop gros problèmes. Mais si vous avez un besoin absolu de précision, là c’est autre chose…

Premier test print

Bien évidemment, on va tester les capacités de la bête, je suis parti bille en tête sur un benchy, le fameux torture test qui nous permet de savoir si notre imprimante est correctement réglée ou non. Et forcément, pour le premier essai, avec des réglages sortis du chapeau, le benchy était largement perfectible !

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Je charge donc dans Cura le profil fourni sur la carte SD, et relance une impression… qui a foiré, la roue dentée d’entraînement de l’extrudeur s’étant desserrée, donc défaut de matériau. Je relance donc une troisième impression, que j’ai dû stopper aussi, mon PLA étant trop chaud (j’avais changé de bobine entre temps, l’échantillon fourni par Anet étant vraiment court). J’ai enfin lancé une quatrième impression, présentant quelques défauts également dus à un matériau trop chaud. J’ai descendu la température en cours de route. Le défaut est resté, mais le reste était potable, j’ai donc validé ce réglage.

Au fond, à gauche, le benchy de la Anycubic, à droite, celui de la Anet E10. Au premier plan, le premier, le second et le quatrième test de cette imprimante.

Au fond, à gauche, le benchy de la Anet E10, à droite, celui de la Anycubic. Au premier plan, le premier, le second et le quatrième test de cette imprimante.

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Au final, on trouve une qualité plutôt pas mal, perfectible bien entendu, en fouinant dans les réglages, mais le profil fourni sur la SD est plutôt exploitable. Il faut quand même penser, évidemment, à trouver la bonne température pour votre matériau.

Des modifications de fortune

Comme je l’ai dit précédemment, la méconnaissance des réglages à effectuer sur une delta donne vite l’impression que le plateau n’est pas parfaitement plan. J’ai donc déniché une plaque de verre, maintenue en place par de simples pinces à linge. Pas très élégant, mais cela protège le plateau.

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De plus, j’ai remarqué que le support bobine, avec son axe de petit diamètre, posait problème, car la bobine avait du mal à se dérouler, gênée par son propre poids. Des supports de bobine à roulements corrigeront le problème.

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J’ai aussi très vite imprimé un conduit de ventilation de substitution, celui d’origine étant assez inefficace.

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En conclusion

Comme avec toute imprimante Anet, on rencontrera quelques problèmes, facilement contournables, mais qui permettent de comprendre le pourquoi du comment (même si ce n’est pas vraiment le but d’Anet). Au final, cette delta permet de découvrir ce type d’imprimante, qui a parmi ses avantages un encombrement réduit, et une qualité d’impression tout à fait honorable vu son faible coût. Bref, si vous voulez découvrir l’impression 3D en démarrant par une delta plutôt qu’une cartésienne, alors cette Anet A4 est faite pour vous !

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